Tout commence par l’espace : deux simples murs placés à angle droit pour suggérer une cellule de prison, une chambre d’enfant peut-être. Un personnage s’en approche, s’y frotte, s’y confronte, patiemment et minutieusement. À la croisée des disciplines, Jean-Baptiste André interroge l’équilibre, que l’on tient et que l’on perd, comme une question toujours ouverte posée au corps. Dans un lieu ambigu ouvert à toutes les associations d’idées de la part du public, son solo nocturne est une métaphore physique de la condition humaine, entre aspiration et introspection, entre rêve de liberté et conscience de sa vulnérabilité. Sur des nappes de musique électronique ou les notes mélancoliques des Tindersticks, le corps se révolte et s’effondre, entre douceur et virtuosité. Mais à l’acrobatie vient bientôt se superposer l’image, à l’artiste son double projeté. Par le jeu de la vidéo et de la lumière, les perspectives se troublent. Haut et bas, envers et endroit, intérieur et extérieur : autant de repères qui semblent désormais abolis, dans une performance physique et onirique.
Cirque, danse, vidéo
France