Ultime hommage
À mon père, une dernière danse et un premier baiser, un solo tout en sobriété, a été créé par le danseur chorégraphe Radhouane el Meddeb comme un hommage posthume à son père, mort loin de lui.
Radhouane el Meddeb est seul en scène sur une peau de bête blanche aux formes d’un ilôt flottant dans le noir environnant. Il est debout, il est de dos et fait pivoter sa tête. A gauche à droite, à droite à gauche. Comme s’il disait non, comme s’il scrutait l’horizon, comme s’il recherchait un écho dans l’infini. En fond sonore des extraits des Variations Goldberg de Bach. « Mon père est mort il y a 7 ans déjà, sans annonce, seul, un matin. Il nous a quitté, brusquement. Je n’ai pas eu le temps de lui dire adieu » raconte Radhouane el Meddeb . Comment répondre au chagrin et au vide laissés par la disparition brutale de son père à qui il aurait aimé faire faire d’ultimes confidences? Il a longtemps cherché. Le déclic est venu lorsqu’il est tombé sur une vidéo du danseur américain Steve Paxton improvisant sur Les Variations Goldberg. A mon père, une dernière danse…hommage posthume, adieu apaisé du fils à son père a pris la forme d’un solo inscrit dans la scénographie noir et blanc d’ Annie Tolleter, en regard de la carcasse blanche d’un animal mort, oeuvre du céramiste tunisien Malek Gnaoui. Torse nu et de dos pendant presque toute la durée du spectacle, Radhouane el Meddeb évolue, minimaliste, dans des formes où les gestes tels des mots, les mouvements comme des phrases, expriment les secrètes confidences du corps dans le lent travail du deuil. (C.I.)
Photo © Agathe Poupeney