Après une résidence de quinze jours, Guémar a accueilli, en ce début novembre, la création d’Une vie d’acteur , une pièce de Tanguy Viel, avec Pierre Maillet, dans une mise en scène d’Emilie Capliez, co-directrice de la Comédie de Colmar.
La tournée Par les villages de la Comédie de Colmar prend la route, jusqu’en mai 2020, dans les villages du Haut-Rhin.

Une estrade, une ligne de projecteurs, quelques chaises, la salle des fêtes de Guémar n’a rien d’un théâtre, mais déjà Pierre Maillet y fait son cinéma.
Le comédien de Narbonne, où il a grandi, est amoureux de cinéma, encyclopédique même. Incollable sur les films des années 80, incollable sur le palmarès des Césars, des Oscars, meilleur film, meilleur comédien ou comédienne, il a réponse à tout.
Pierre Maillet doit cet amour du cinéma à sa grande sœur avec qui il a fréquenté les salles de cinéma de la ville. Une passion partagée avec l’oncle Bernard, propriétaire d’un vidéo-club, un lieu magique. L’enfant, puis l’adolescent, y a pioché des dizaines de cassettes VHS et une partie de sa culture cinématographique.
De là est né son désir de faire l’acteur. Tanguy Viel, l’auteur, lui a taillé une pièce sur mesure, à la hauteur de sa passion, et des heures passées au cinéma, sur le canapé familial, entre les affiches collées dans sa chambre, ou au ciné-club étudiant, jusqu’au cinéma d’auteur, qui l’a conduit vers le théâtre.

Entre fiction et réalité
Il y a eu Tootsie, les Dents de la mer, Massacre à la tronçonneuse, des émois, des peurs bleues. Avec la Vie d’acteur, l’auteur Tanguy Viel a répondu à une commande de la Comédie de Colmar. La pièce est plus particulièrement destinée à la tournée en itinérance par les villages.
Pierre Maillet raconte, joue. On y est. Chaque film, chaque bande son est lié à un événement. Des souvenirs gais ou tristes, la mort d’un ami, et toujours et encore la consolation trouvée au fond d’une salle obscure.
Dans la salle des fêtes de Guémar, les souvenirs, de la génération des années 80 se réveillent aussi, Pierre Maillet, malicieux, complice avec le public, raconte son rêve devenu réalité.

Par les villages
La tournée lancée en ce début novembre va sillonner les routes du Haut-Rhin avant une autre tournée en Normandie et les représentations envisagées la saison prochaine à la Comédie de Colmar.
Originaire de la campagne, Emilie Capliez, la metteure en scène, garde un souvenir ému de la salle des fêtes de son enfance, ornée du blason du village, la salle des « premières fois » comme elle dit, des premières fêtes, des premiers émois, de sa propre envie peut-être aussi de faire du spectacle.
Pour elle, il n’y a pas de théâtre des villes et de théâtre des champs, mais du théâtre tout simplement pour exposer le plaisir du texte et de son interprète.
Avec Matthieu Cruciani, qui co-dirige avec elle la Comédie de Colmar, ils ont repris l’idée de l’itinérance, une tradition de la maison. Eguisheim, Fessenheim, en tout une quinzaine de villages accueilleront jusqu’au mois de mai 2020 Une vie d’acteur, une pièce pour tous, dirait l’acteur, pour un moment de souvenirs peuplés de larmes, de paillettes , de fantasmes, sortis des films repassés en boucle… sur les écrans noirs de nos nuits blanches.
DISTRIBUTION
Texte Tanguy Viel
Mise en scène Émilie Capliez
Avec Pierre Maillet
Assistante à la mise en scène Maëlle Dequiedt
Scénographie Nicolas Marie
Lumière Bruno Marsol
Son Grégoire Harrer
Costumes Claire Schirck
Photos : Jean-Louis Fernandez
Auteure : M. Seemann